Pourquoi parler des règles est un sujet si tabou ?

Aujourd’hui encore, parler des règles est un tabou au sein de la société, pourtant c’est un sujet qui concerne la plupart des femmes âgées entre 12 et 50 ans, soit la moitié de la population mondiale. Mais pourquoi est-ce un sujet si tabou de parler des cycles menstruels ?

Naissance des tabous

Dans nos sociétés actuelles, parler des menstrues est sujet qu’il faut éviter d’évoquer en public, et pour cause, l’origine de ce tabou remonte au moyen âge. Durant cette période les femmes qui avaient leurs règles étaient considérées comme impures et portaient en elles un risque de transmettre des maladies aux gens qu’elles côtoyaient.

Les femmes ressentent de la honte

Pour beaucoup de femmes, parler de leurs propres règles est un sujet tabou. Par honte ou tout simplement parce qu’elles considèrent cela comme étant sale. Or avoir ses règles une fois par mois est tout à fait normal dans la vie d’une femme. De même, nombreuses sont les femmes qui utilisent des expressions pour parler de leurs règles, comme on peut parfois l’entendre : « j’ai mes ragnagnas » ou « je suis indisposée », ou « j’ai mes problèmes de fille ».

Dans certains pays du monde, avoir ses règles c’est être soumise à l’isolement le plus total et également l’interdiction de toucher la nourriture sous peine de la contaminer et donc de la rendre immangeable !

Des rituels d’isolement dans certaines cultures

C’est l’exemple notamment au Népal, où les femmes sont considérées comme impures lorsqu’elles ont leurs règles et sont même soumises à l’isolement. On parle aussi d’exil menstruel. Ainsi durant toute la période de leurs règles, les femmes sont chassées de leur foyer familial, sous peine de transmettre des maladies contagieuses à leur famille, et elles vont alors dormir dans des huttes éloignées du domicile. Ce rituel a cependant été interdit par le gouvernement, mais reste pratiqué par des adeptes…

Le problème des publicités pour les protections intimes

Les publicités réalisées par les fabricants de protection intimes ne sont pas toujours très vraies, vous l’aurez sans doute remarqué, le liquide censé représenter le sang est souvent de couleur bleue. Les fabricants préfèrent avoir recours à des métaphores pour parler des règles en les représentant par un liquide bleu limpide, plutôt qu’un liquide rouge qui se rapprocherait plus de la couleur du sang. Une couleur qui alors peut être jugée comme néfaste pour les marques.

Un frein à l’éducation

En Afrique, une femme sur dix ne va pas à l’école uniquement car elle a ses règles. Ce qui reste la principale cause de décrochage scolaire chez les femmes sur ce continent ! Ceci est notamment dû au fait qu’une partie de la population n’a pas accès aux protections hygiéniques et divers équipements sanitaires nécessaires lors des périodes de règles.

De nouvelles protections moins coûteuses et plus respectueuses de l’environnement, comme les coupes menstruelles ou les culottes périodiques, ont fait leur apparition et pourraient être une solution pour les femmes qui n’ont pas accès aux protections hygiéniques, qui représentent un coût élevé.

Le sang, ça fait peur

Un autre facteur qui fait des règles un sujet tabou : le sang. Le sang renvoi à l’hémorragie et à la douleur. De même, le sang nous est vital, donc lorsque celui-ci s’en va, c’est en quelque sorte la vie qui s’en va avec, même si ce n’est absolument pas le cas lors des règles. Inconsciemment, les règles renverraient donc à une certaine peur de la mort.

En 2019, il est donc grand temps que les femmes et les hommes puissent parler librement des règles sans que cela n’engendre une gêne. De plus, il faudrait que les protections périodiques soient davantage accessibles dans les pays du tiers monde.


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